Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 12:31

Et bien ça y est, je suis rentrée en France. Le travail s'accumulant, je n'ai pas mis mon blog à jour ces derniers mois... Désolée. J'ai conclu mon séjour en Algérie par une visite de l'est du pays. J'ai fait un petit tour par Annaba, autrefois surnommée "Bone la coquette" avant de filer en Tunisie.


Annaba est une ville à l'ambiance beaucoup détendue qu'Alger. Nettement plus petite que la capitale (je crois que c'est la cinquième ville du pays, mais n'en suis pas certaine), on y sent l'influence de la Tunisie toute proche: les femmes peuvent tranquillement prendre un café sur l'artère principale de la ville, le cours de la Révolution, sans que cela choque,  et  les plages abondent près du centre-ville, dans une ambiance de dessin à la Sempé, avec  flopée de parasols colorés, gamins qui jouent au ballon...

DSCN0342.jpg


La ville est dominée par la basilique St Augustin, évêque d'Hippone (nom de la ville durant l'antiquité), père de l'Eglise. Cet édifice est magnifique. 

  DSCN0366.jpg

Après un détour par les petites villes avoisinantes, pour découvrir Daroussa, j'ai passé une semaine en Tunisie.
Et ensuite, retour en France, où je redécouvre le plaisir d'un petit verre en terrasse ou d'un bon camenbert depuis un mois.


Sinon, je tiens à signaler que mon blog se veut exclusivement un "carnet d'impressions" d'une française découvrant l'Algérie. Les prises de position, quelqu'elles soient, sur ce pays, n'y ont pas leur place.

 

Merci.


Par Agnès Noël
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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /Mai /2008 19:09

Ghardaia, avec son fameux minaret:



Début mai, nous sommes partis avec des amis à Ghardaïa, la cité mozabite, surnommée aussi "la porte du désert". Plus exactement, il s'agit d'une pentapole (ensemble de cinq cités), construite au XI° siècle dans la vallée du Mzab, à 600 kilomètres d'Alger. Ghardaïa est la plus connue des cinq villes. Les autres sont: Beni-Isguen, Melika, Bou-Noura et El-Ateuf.
Les habitants, les Mozabites, pratiquent un islam ascétique, hérité de leurs ancêtres ibadites. Ils ont construit des habitations dans un style très dépouillé, qui a inspiré notamment l'architecte Le Corbusier pour sa construction de la chapelle de Ronchamp. Les minarets, en pain de sucre, sont typiques. Les villes ne sont cependant pas seulement habitées par les mozabites: des arabes y vivent aussi! La cohabitation entre les deux populations se passe plus ou moins bien...
Nous avons visité le ksour (cité) de Ghardaia, puis le système de distribution des eaux de la palmeraie, unique en son genre par son équité, avant de découvrir une cité voisine, Béni-Isguen, dont la tour de Guet est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle passe pour la ville sainte de la pentapole.

L'intérieur de la mosquée souterraine Ammi-Saïd. Les niches servaient de bibliothèques. 

 

 

 

Les femmes mozabites ont un voile particulier: il leur couvre tout le visage et ne laisse apparaitre qu'un oeil (chez les femmes mariées). La ville ne semble être peuplée que d'hommes, d'enfants et de silhouettes blanches...

Ghardaïa est aussi connue pour la réputation d'habiles commerçants de ses habitants (chaque ville s'est spécialisée dans un domaine: l'industrie à Gardhaia, le textile à Beni-Isguen ou la quicaillerie à E-Ateuf). Enfin, les tapis du Mzab sont réputés pour leur beauté. Ils n'ont pas failli à leur réputation: nous sommes tous repartis avec une belle pièce chacun en souvenir...

La place du marché, la place centrale de Gardhaïa:


Par Agnès Noël
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Samedi 3 mai 2008 6 03 /05 /Mai /2008 19:59

Le ksar

Le desert de Béni-Abbès (et les dromadaires sur lesquels nous sommes montés)

La dune de sable qui se jette dans la ville.

Au retour vers Alger, nous avons roulé en pleine tempête de sable. C'était impressionnant. Le ciel était ocre. Nous nous sommes arrêtés à Béchar quelques heures: les rues étaient désertes, le vent charroyait du sable, l'ambiance était onirique.
Retour à la réalité ensuite à Alger. Après le bouclage, j'ai suivi une session de formation. Avant d'accueillir depuis hier des amis. Dans quelques jours nous partons à Gardhaia. Les photos et le récit arriveront, j'espère, dans moins d'un mois!

Par Agnès Noël
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Samedi 3 mai 2008 6 03 /05 /Mai /2008 19:37

Désolée pour le retard dans les nouvelles. Le mois d'avril a été riche en évènements. J'ai d'abord été passer quelques dans le sud avec Bertrand, à Béni-Abbès très exactement. C'est une jolie oasis au sud-est de Béchar connue notamment car Charles de Foucauld y a vécu quatre ans.


Le voyage en car de seize heures pour s'y rendre a été épique: versets du coran psalmodiés à la radio jusqu'à deux heures du matin,  passagères bavardant, elles, de deux heures du matin à cinq heures, arrêts toutes les heures et secousses toute la nuit... Mais cela valait le coup. Béni-Abbès est magnifique.


Sur place, nous avons visité l'ancien ksar (ville fortifiée) au milieu de l'oasis de palmiers, sommes monté sur la dune de sable orange qui se jette dans la ville, et nous avons même piqué une tête dans la piscine municipale locale (et oui, une piscine en plein desert, au beau milieu de nulle part)! Sans compter le clou du séjour: une ballade à dos de dromadaire en plein désert. Un moyen de transport, ma foi, assez confortable. Béni-Abbès abrite également un musée saharien, parmi les plus complets d'Algérie, et un centre de recherches et d'études sahariennes.


Nous avons été hebergés au sein de la Fraternité, l'ermitage de Charles de Foucauld. Celui-ci y a vécu de 1901 à 1905. On peut toujours se recueillir dans la chapelle où il priait. La toile au dessus de l'autel a été peinte par ses soins. L'ermitage est tenu par les petits frères de Jésus, l'ordre qu'il souhaitait créer. Un endroit vraiment particulier. Y séjourner était vraiment émouvant.


Par Agnès Noël
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Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /Mars /2008 11:13

Présentation rapide d'une pièce que j'ai vu voici quelques jours au CCF d'Alger, et que j'ai beaucoup aimé. Le spectacle passe aussi en France.


Anna et ses sœurs d’exil


 

La pièce de théâtre « Anna et ses sœurs » était présentée lundi 24 mars au centre culturel français d’Alger. Le spectacle, encore à l’affiche ce soir, donne la parole à des femmes émigrées.

 

C’est l’histoire d’Anna et ses sœurs. Anna, c’est la grand-mère de Géraldine Benichou, la metteuse en scène du spectacle présenté lundi et mardi au centre culturel français, une juive d’Algérie qui dans les années 60 a du prendre le chemin de la France. Au fi de ses discussions avec cette grand-mère dont la voix rythme le spectacle, sa petite fille a eu envie d’en savoir plus sur le ressenti des "exilés". Elle a alors décidé de recueillir les témoignages de plusieurs femmes qui ont émigré dans l'hexagone. Et de faire entendre leurs voix. Le spectacle « Anna et ses soeurs » était né.

 

La pièce commence par la scène à la genèse du projet : une jeune fille interroge une vieille dame juive à l’accent pied-noir. La jeune femme c’est la comédienne Madeleine Assas. Le rôle de la vieille dame est interprété par l’acteur Salah Gaoua, enveloppé dans une couverture sur un fauteuil à bascule. Il répète les mots de la grand-mère qu’on entend en parallèle enregistrée. Il évoque son existence en Algérie. Sa vie avant.

Le dialogue s’efface, c’est la voix d’une nouvelle femme qu’on entend. Madeleine Assas commence alors à jouer ce nouveau rôle, donne corps aux mots de cette femme, à sa vie douloureuse d’étrangère qui a perdu ses proches, ses repères, ses diplômes, en suivant son mari en France. Elle interprètera de même tous les témoignages audio qui suivront. Entre chaque récit, Salah Gaoua, chante des airs kabyles, sa langue d’origine, sa façon à lui d’évoquer le départ. Salah Gaoua dont on aperçoit régulièrement sur l’écran au mur la demande de naturalisation française.


Ces émigrées dont l’existence se déroule devant nous viennent d’Algérie, du Rwanda, du Mali. Elles ont connu la guerre, la souffrance, le déracinement forcé. Et pourtant elles sont arrivées en France, pleines de leurs douleurs mais aussi d’espoirs. N’abdiquant pas toutes leurs espérances. Les témoignages sont durs, parlent de rejet, d’incompréhension, de racisme. Interrogent la condition de la femme aussi. Mais Dalila, Fadia, et les autres résistent. S’accrochent. Un message que Geraldine Benichou, malgré le côté brouillon de certaines scènes où le spectateur est perdu entre le jeu des comédiens et les éléments audiovisuels projetés, a su faire passer tout en subtilité.

 

AN

 

Par Agnès Noël
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