Dimanche 18 mai 2008
Ghardaia, avec son fameux minaret 

Début mai, nous sommes partis avec des amis à Ghardaïa, la cité mozabite, surnommée aussi "la porte du désert". Plus exactement, il s'agit d'une pentapole (ensemble de cinq cités), construite au XI° siècle dans la vallée du Mzab, à 600 kilomètres d'Alger. Ghardaïa est la plus connue des cinq villes. Les autres sont: Beni-Isguen, Melika, Bou-Noura et El-Ateuf.
Les habitants, les mozabites, pratiquent un islam ascétique, hérités de leurs ancêtres ibadites. Ils ont construits des habitations dans un style très dépouillé, qui a inspiré notamment l'architecte Le Corbusier pour sa construction de la chapelle de Ronchamp. Les minarets, en pain de sucre, sont typiques. Les villes ne sont cependant pas seulement habitées par les mozabites: des arabes y vivent aussi! La cohabitation entre les deux populations se passe plus ou moins bien...
Nous avons visité le ksour (cité) de Ghardaia, puis le système de distribution des eaux de la palmeraie, unique en son genre par son équité, avant de découvrir une cité voisine, Béni-Isguen, dont la tour de Guet est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle passe pour la ville sainte de la pentapole.

L'intérieur de la mosquée souterraine Ammi-Saïd. Les niches servaient de bibliothèques. Impossible de visiter la ville tout seul: il faut obligatoirement prendre un guide mozabite.












Les femmes mozabites ont un voile particulier: il leur couvre tout le visage et ne laisse apparaitre qu'un oeil (chez les femmes mariées). La ville ne semble être peuplées que d'hommes, d'enfants et de silhouettes blanches...


Ghardaïa est aussi connue pour la réputation d'habiles commerçants de ses habitants (chaque ville s'est spécialisée dans un domaine: l'industrie à Gardhaia, le textile à Beni-Isguen ou la quicaillerie à E-Ateuf). Enfin, les tapis du Mzab sont réputés pour leur beauté. Ils n'ont pas failli à leur réputation: nous sommes tous repartis avec une belle pièce chacun en souvenir...


A droite: la place du marché, la place centrale de Gardhaïa




























par agnes noel
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Samedi 3 mai 2008









Le ksar en haut, au milieu le desert de Béni-abbès (et les dromadaires sur lesquels nous sommes montés), enfin la dune de sable qui se jette dans la ville.








Au retour vers Alger, nous avons roulé en pleine tempête de sable. C'était impressionant. Le ciel était ocre. Nous nous sommes arrêtés à Béchar quelques heures: les rues étiaent désertes, le vent charroyait du sable, l'ambiance était onirique.
Retour à la réalité ensuite à Alger. Après le bouclage, j'ai suivi une session de formation. Avant d'accueillir depuis hier des amis. Dans quelques jours nous partons à Gardhaia. Les photos et le récit arriveront, j'espère, dans moins d'un mois!
par agnes noel
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Samedi 3 mai 2008

Désolée pour le retard dans les nouvelles. Le mois d'avril a été riche en évènements. J'ai d'abord été passer quelques dans le sud avec Bertrand, à Béni-Abbès très exactement. C'est une jolie oasis au sud-est de Béchar connue notamment car Charles de Foucauld y a vécu quatre ans.
Le voyage en car de seize heures pour s'y rendre a été épique: versets du coran psalmodiés à la radio jusqu'à deux heures du matin,  passagères bavardant, elles, de deux heures du matin à cinq heures, arrêts toutes les heures et secousses toute la nuit... Mais cela valait le coup. Béni-Abbès est magnifique.
Sur place, nous avons visité l'ancien ksar (ville fortifiée) au milieu de l'oasis de palmiers, sommes monté sur la dune de sable orange qui se jette dans la ville, et nous avons même piqué une tête dans la piscine municipale locale (et oui, une piscine en plein desert, au beau milieu de nulle part)! Sans compter le clou du séjour: une ballade à dos de dromadaire en plein désert. Un moyen de transport, ma foi, assez confortable. Béni-Abbès abrite également un musée saharien, parmi les plus complets d'Algérie, et un centre de recherches et d'études sahariennes.
Nous avons été hebergés au sein de la Fraternité, l'ermitage de Charles de Foucauld. Celui-ci y a vécu de 1901 à 1905. On peut toujours se recueillir dans la chapelle où il priait. La toile au dessus de l'autel a été peinte par ses soins. L'ermitage est tenu par les petits frères de Jésus, l'ordre qu'il souhaitait créer. Un endroit vraiment particulier. Y séjourner était vraiment émouvant.

par agnes noel
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Dimanche 30 mars 2008

 Présentation rapide d'une pièce que j'ai vu voici quelques jours au CCF d'Alger, et que j'ai beaucoup aimé. Le spectacle passe aussi en France.

Anna et ses sœurs d’exil

 

La pièce de théâtre « Anna et ses sœurs » était présentée lundi 24 mars au centre culturel français d’Alger. Le spectacle, encore à l’affiche ce soir, donne la parole à des femmes émigrées.

 

C’est l’histoire d’Anna et ses sœurs. Anna, c’est la grand-mère de Géraldine Benichou, la metteuse en scène du spectacle présenté lundi et mardi au centre culturel français, une juive d’Algérie qui dans les années 60 a du prendre le chemin de la France. Au fi de ses discussions avec cette grand-mère dont la voix rythme le spectacle, sa petite fille a eu envie d’en savoir plus sur le ressenti des "exilés". Elle a alors décidé de recueillir les témoignages de plusieurs femmes qui ont émigré dans l'hexagone. Et de faire entendre leurs voix. Le spectacle « Anna et ses soeurs » était né.

 La pièce commence par la scène à la genèse du projet : une jeune fille interroge une vieille dame juive à l’accent pied-noir. La jeune femme c’est la comédienne Madeleine Assas. Le rôle de la vieille dame est interprété par l’acteur Salah Gaoua, enveloppé dans une couverture sur un fauteuil à bascule. Il répète les mots de la grand-mère qu’on entend en parallèle enregistrée. Il évoque son existence en Algérie. Sa vie avant.

Le dialogue s’efface, c’est la voix d’une nouvelle femme qu’on entend. Madeleine Assas commence alors à jouer ce nouveau rôle, donne corps aux mots de cette femme, à sa vie douloureuse d’étrangère qui a perdu ses proches, ses repères, ses diplômes, en suivant son mari en France. Elle interprètera de même tous les témoignages audio qui suivront. Entre chaque récit, Salah Gaoua, chante des airs kabyles, sa langue d’origine, sa façon à lui d’évoquer le départ. Salah Gaoua dont on aperçoit régulièrement sur l’écran au mur la demande de naturalisation française.

Ces émigrées dont l’existence se déroule devant nous viennent d’Algérie, du Rwanda, du Mali. Elles ont connu la guerre, la souffrance, le déracinement forcé. Et pourtant elles sont arrivées en France, pleines de leurs douleurs mais aussi d’espoirs. N’abdiquant pas toutes leurs espérances. Les témoignages sont durs, parlent de rejet, d’incompréhension, de racisme. Interrogent la condition de la femme aussi. Mais Dalila, Fadia, et les autres résistent. S’accrochent. Un message que Geraldine Benichou, malgré le côté brouillon de certaines scènes où le spectateur est perdu entre le jeu des comédiens et les éléments audiovisuels projetés, a su faire passer tout en subtilité.
 AN

 

par agnes noel
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Dimanche 30 mars 2008

Le Mouloud, la fête qui commémore la naissance du prophète, a été célébrée le 20 mars. La veille au soir, les pétards ont éclaté dans toute la ville pour marquer l’évènement. Tout le monde était dehors, en famille ou en groupes de jeunes, à allumer des mèches et regarder les feux d’artifice exploser dans tous les sens. Certains sacrifient l’équivalent d’un salaire moyen pour l’occasion. Quitte à se serrer la ceinture ensuite.

Le mouloud est aussi la fête de la lumière : toutes les maisons sont éclairées, du pas de la porte jusqu’à la moindre pièce. Certains disposent aussi de l’encens. Le repas traditionnel est la richta, en zone algéroise, des pâtes agrémentées de viande, de navets, de pois chiches et de sauce au beurre. Ailleurs, on prépare un couscous. La fête se prolonge le lendemain mais ce n’est déjà plus tout à fait la même ambiance.

J’ai passé le mouloud en famille, à écouter les pétards qui explosaient partout, à déguster une bonne richta et à bavarder. Sans doute une de mes meilleures soirées passées à Alger, tant la ville se fait gaie et pimpante ce jour là.

 

par agnes noel
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Vendredi 14 mars 2008
Les deux premières semaines de mars ont été bien occupées.
La première semaine, Ann est venue. Ensemble nous avons fait le tour des musées d'Alger, dont le splendide musée des antiquités et des arts islamiques, qui abrite de très très belles mosaïques. Nous avons également visité Notre Dame d'Afrique, dans des conditions très privilégiés puisque nous avons bénéficié des explications du recteur, et que nous avons même pu grimper sur les échafaudages (la basilique est en travaux actuellement) suivre l'évolution du chantier, et admirer la vue à quelques dizaines de mètres de haut.
La couleur locale n'a pas été oubliée puisque nous avons testé le hammam au beau milieu de la Casbah, un  bouiboui très simple, où nous étions les seules européennes au milieu de vieilles algérienne se lavant. Pas de massage,  ou de salle très décorée, c'était juste un bain de quartier avec des éviers, où les femmes se faisaient frotter par une des femmes qui tenaient le bain. Une seule parlait français, tout le monde comparait nos anatomies, c'était ... dépaysant. 
Nous avons ensuite découvert la Casbah, ses maisons magnifiques qui tombent -hélas-chaque jour un peu plus en ruines, et fait un détour par "la" patisserie de la ville, que tu ne trouves évidemment pas si tu n'y es pas enmené par un algérien. Suivie par le marchand de dattes de la ville que tu ne trouves pas non plus si tu n'y es pas enmené par un algérien.
Le lendemain, en voiture pour Ti Paza, où j'ai enfin découvert la stèle rendant hommage à Camus, et l'ancienne basilique chrétienne. Et on a terminé la semaine par un concert rock. Et oui, ça existe aussi à Alger. Bon, pas souvent mais ça existe quand même.
La semaine suivante, après le départ d'Ann, la routine a repris son cours. J'ai passé la semaine bien immergée dans le boulot. Pas d'évènement notoire.
La semaine prochaine c'est le mouloud, la naissance du prophète. Les pétards éclatent déjà aux quatre coins de la ville. J'imagine ce que cela donnera mercredi soir et jeudi (apparemment la fête se célèbre sur deux jours. Mais les informations divergent selon les personnes. Certains disent mercredi, d'autres jeudi. Bref, personne ne sait vraiment). 
Je vous donnerai plus de details sur la fête la semaine prochaine. 
A bientôt!
par agnes noel
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Lundi 25 février 2008
La semaine dernière a été bien occupée. Bertrand est venu passer quelques jours à Alger, et on lui avait programmé une visite des sites incontournables de la ville.
Au programme: jeudi, visite de la Casbah en compagnie d'amis algériens, Mahdjoub et Farida. Mahdjoub a vécu dans cet ancien quartier turc autrefois. Nous avons pu rentrer dans la maison que sa famille occupait. Un ancien voisin l'a reconu, et nous a fait visiter sa maison également. Bref, la ballade était chargée de souvenirs et vraiment émouvante. On entendait régulièrement des pétards exploser dans les ruelles, une mise en bouche avant la fête du Mawlid, le 20 mars, l'anniversaire de la naissance du Prophète, traditionnellement célébrée par des pétards. Nous avons conclu l'après-midi en faisant un tour au marché de la Casbah, et en degustant des dattes.
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Le lendemain, visite du musée du Bardo (ou plus exactement du jardin, le palais étant fermé le vendredi)
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et du musée d'art moderne, les anciennes galeries de France, restaurées, qui accueillent désormais des expositions ultra-contemporaines.
Enfin, le samedi nous avons fait un tour à Ti Paza, d'abord dans l'ancien club Med (construit par l'architecte français Pouillon) puis dans les ruines romaines. 
Vendredi, Ann arrive. Et c'est reparti pour un tour!
par agnes noel
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Samedi 16 février 2008
Les deux dernières semaines se sont passées plutôt calmement. Le magazine est bouclé, je travaille sur le site internet maintenant. Je n'ai pas bougé d'Alger. Seule sortie marquante, j'ai fait un tour au musée d'art moderne de la ville, qui est absolument superbe. Il a été aménagé dans les anciennes "galeries de France", l'équivalent du Bon Marché ici. La restauration est très réussie, et les expositions sont bien.
Nous avons fêté dignement la Chandeleur, même si  cette fête catholique parait un peu anachronique en terre d'Islam. D'autant plus que nous avons un temps de printemps, qui me donne l'impression d'être déjà au mois d'avril. Sinon, pas grand chose de neuf, si ce n'est que je me prépare actuellement à la venue de Bertrand, puis d'Ann. Deux très bonnes nouvelles!
A bientôt, inch allah, pour des nouvelles un peu plus marquantes!

par agnes noel
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Samedi 2 février 2008
Voici quelques photos d'Alger. La ville est vraiment magnifique , et plus on la découvre, plus en on tombe amoureux ( en tous cas c'est mon cas). Mon petit bonheur quotidien est de me promener dans la rue Didouche Mourad (l'artère principale de la capitale), et de lever la tête pour repérer un nouveau détail architectural. 
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Voici mon immeuble préféré. Il est superbe, avec ses balcons de fer forgé en rotondeDSCN0751.jpg
La grande Poste, un des monuments emblèmes de la ville, d'architecture néomauresque. DSCN0746.jpg
par agnes noel
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Samedi 2 février 2008
Je me suis rendu cette semaine à Tamanrasset, en plein désert du Hoggar, à près de 2000 kilomètres au sud d'Alger. Tamanrasset est une ville nouvelle plantée au milieu du désert. L'architecture n'a rien d'exceptionnel et fait la part belle au béton, mais ce sont ses habitants, les hommes bleus, comme on surnomme les touaregs, et leur culture, qu'il faut découvrir.
 Ici, le désert n'est pas constitué de sable mais de pierre. Le paysage y est presque lunaire, tout en longues étendues de cailloux, et en sommets sculptés par le vent. De temps en temps une silhouette apparait dans tout ce vide, celle d'une femme juchée sur son âne, ou d'un dromadaire venu brouter les quelques rares touffes d'herbes présentes. L'ensemble est austère et magnifique.
Nous nous sommes rendus à l'Assekrem, l'ermitage de Charles de Foucault, au sommet du massif du même nom. Découvrir son habitation (qui tient plus de la cabane en pierre que de la maison), et assister au lever du soleil sur la montagne, à sept heures du matin, seront sans doute parmi les souvenirs les plus forts que je garderai de ce sejour en Algérie.
 DSCN0918.jpgDSCN0961.jpg

par agnes noel
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